1930-1933

En avril 1930 dans les Baronies (Hautes-Pyrénées), Norbert CASTERET explore la grotte de Labastide. Il y découvre de nombreuses gravures sur plaquettes calcaires et sur les murailles rocheuses (dont un grand cheval rouge de 2,15 m de long), un masque humain, une silhouette d'anthromorphe, denombreux grands chevaux, bisons, oie, tête de lion rugissant...

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En mai, il découvre et explore la grotte de Cagire qu'il désobstrue sur 1 500 mètres. Il poursuivra l'exploration de cette grotte jusqu'en mars 1932.

Toujours en 1930, il mène la troisième campagne d'exploration dans la Maladetta, il visite avec l'abbé BREUIL la grotte de Labastide, il effectue les premières reconnaissances du gouffre de la Henne-Morte dans le massif d'Arbas (Haute-Garonne).

Enfin, il explore le Goueil di Her, résurgence du futur réseau Trombe avec une tentative de plongée du siphon en apnée.

En 1931, Norbert CASTERET atteint - 65 mètres dans le gouffre du Pont de Gerbaut en compagnie de Robert de JOLY.

Depuis 1928, après une longue étude du massif des Monts Maudits, des bassins versants et des affluents, Norbert CASTERET est convaincu de l'hypothèse selon laquelle les eaux du Trou du Toro font résurgence dans le val d'Aran et constituent la Garonne naissante.

Le projet d'une compagnie espagnole de détourner les eaux du Trou du Toro pour créer une usine hydro-électrique presse le spéléologue de démontrer l'hypothèse, puisque le captage priverait en aval la Garonne de la moitié de son débit et aurait des conséquences importantes en France. Grâce au soutien d’Alfred Lacroix, secrétaire de l’Académie des sciences, d’Edouard-Alfred MARTEL, à des subventions de l'Académie des Sciences, du Conseil Général de Haute-Garonne et au montant du prix Martel reçu par CASTERET, il réunit la somme nécessaire à l'achat d'une quantité suffisante de fluorescéine pour mener une expérience de coloration.

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Le 19 juillet 1931, soixante kilos de fluorescéine sont déversés au trou du Toro par Norbert et Elisabeth CASTERET. À l'arrivée de l'équipe au val d'Aran quelques heures plus tard, ils découvrent la résurgence colorée en vert et prouvent ainsi la communication.

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Les eaux de la Garonne parcourent ainsi quatre kilomètres sous terre pour passer du bassin versant de la Méditerranée à celui de l'océan Atlantique. L'expérience met un terme au projet de détournement.

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En 1932, la compagnie Union Pyrénéenne Electrique (qui deviendra plus tard E D F), charge Norbert CASTERET d'enquêter sur un torrent qui échappe à un projet de barrage en Ariège, dans le cirque de Lez à 2 200 mètres d’altitude. La résurgence située sous un éboulis étant impénétrable, Norbert CASTERET investigue les alentours et découvre le porche d'une grotte dans une falaise, qu'il baptise La Cigalère.

En mai, il découvre et désobstrue lagrotte de Coume-Nère (Saint-Bertrand-de-Comminges) avec Bertrand ABADIE.

En juillet, surlamême commune, il explore avec Robert de JOLY l'aven de la Spuguette

Il reprend  ensuite l'exploration de la Cigalière. Avec l'aide de son épouse Elisabeth et des membres de la compagnie électrique il remonte plusieurs cascades et découvre une importante quantité de formations cristallines de gypse et de calcite, dont la beauté et l'abondance surprennent l'équipe. Le nombre des cascades – sept – et la température glaciale de l'eau rendent difficiles une exploration plus lointaine qui s'arrête au pied de la huitième cascade.

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Toujours en 1932, il étudie les circulations souterraines du gouffre de l'Embudo de Liat (Val d'Aran, Espagne) à la résurgence d'Ardan (France) et à celle d'Arros (Espagne).

En 1933, Norbert CASTERET déplace ses recherches vers la perte du torrent découvert lors de l'exploration de la Cigalière. À 2 710 mètres d'altitude, il trouve l'entrée d'un gouffre. Aidé de sa femme et de camarades, il l'explore jusqu'à une profondeur de 303 mètres ce qui constitue en 1933 le gouffre le plus profond de France.

Cet abîme, que Norbert CASTERET baptise gouffre Martel (en hommage au savant Édouard Alfred MARTEL, spéléologue, conseiller de Norbert CASTERET, et en même temps, en grande partie son maître à penser) communique avec la grotte de la Cigalère. Un tunnel souterrain est construit pour capter les eaux du gouffre Martel et permettre ainsi l'achèvement du projet de barrage. Ce grand gouffre de  303 mètres de profondeur restera, plusieurs années durant, « l'abîme le plus profond de France » ;

La même année, dans la vallée du Salat, Norbert CASTERET explore la grotte dite de Peyort. Il y découvre des gravures qui l'intriguent beaucoup, car elles ne sont manifestement pas préhistoriques : nombreux graffitis au plafondsurbaissé de la salle d'entrée, étoiles à cinq branches, roue solaire, animaux stylisés, grimoires de sorcier...  Norbert CASTERET les associe à des pratiques de sorcellerie, qui pourraient  remonter à l'âge du fer. L'Abbé BREUIL et Camille JULLIAN approuvent.

Il explore également la grotte de Taurignan en Ariège sur 850 mètres, et reprend l'exploration de la grotte de Labastide sur 1 340 mètres.